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Le Pérou dans la presse

Le Pérou une destination attractive pour les réfugiés

Le Pérou, avec son économie en forte croissance ( autour de 5% depuis 15 ans) est devenu une destination attractive pour les réfugiés vénézuéliens. Des milliers de familles traversent la Colombie et l’ Equateur, en bus pour les plus chanceuses, à pied et en stop pour les autres. Depuis un an, les Vénézuéliens parcourent en grand nombre le continent sud américain, chassés d’un pays qui s’enfonce dans une faillite catastrophique. Le PIB s’effondre dans des proportions spectaculaires (baisse de 18% en 2018), les prix perdent la tête: l’inflation devrait franchir la barre de 10.000.000%. Les prix doublent ou triplent tous les trois mois. La monnaie vénézuélienne ne vaut plus rien en particulier au Pérou. Avec 82 homicides pour 100.000 habitants, le Venezuela est l’un des pays les plus dangereux de la planète.

Dans ces conditions, l’exode devient pour beaucoup un impératif. Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, plus de trois millions de personnes ont quitté le Venezuela depuis 2015. Le chiffre devrait dépasser les 5 millions en fin 2019.

Si les estimations varient (les Vénézuéliens n’ont pas besoin de visa pour entrer au Pérou et la frontière entre l’Équateur et les terres incas est ouverte, sans contrôle), on considère que plus d’un million de Vénézuéliens ont trouvé refuge à Lima ou en province.

Sur la route panaméricaine qui longe le Pacifique, les locaux du poste frontière de Tumbes ne désemplissent pas. Il s’agit d’obtenir un permis de résidence temporaire, certains doivent aussi solliciter le statut de réfugié. Mais la vie au Pérou n’est pas facile pour autant. Les ONG le confirment : « Ceux qui arrivaient auparavant étaient des diplômés des classes moyennes qui avaient une profession, viennent maintenant depuis plusieurs mois des personnes sans qualification et c’est beaucoup plus dur ».

 

Trouver un travail devient très compliqué. On voit dans les rues de nombreux vendeurs vénézuéliens qui proposent de la nourriture, des arepas*, des confiseries. Leur présence commence à faire grincer des dents. « Le Pérou n’est pas un pays riche, nos écoles, nos hôpitaux ont déjà du mal à satisfaire nos propres besoins » disent certains.

Toutes les données existantes, en particulier sanitaires (au Venezuela épidémies de rougeole, de diphtérie, flambées de cas de paludisme et de tuberculose) inquiètent les observateurs de cette crise humanitaire majeure.

* L’arepa est un pain de maïs façonné en Colombie et au Venezuela que l’on peut farcir à son goût.

Sources:

Article rédigé par Pierre Cochez dans le quotidien La Croix en date du 15 janvier 2019.

Le bilan du Monde édition 2019. Le Monde Monde Hors-série p 133, 134, 135.

Source AFP 26/08/2018